L’Internet des objets : De nouvelles perspectives pour les assureurs

Article écrit par Eray KAYA (Senior Consultant) et Arnaud NUJURALLY (Supervising Associate), membres de la BCOM Assurance & Protection Sociale chez Beijaflore Business Consulting

L’Internet des objets (IdO ou IoT pour Internet of Things), c’est à dire l’interconnexion des objets (physiques ou non) grâce aux technologies de l’information, peut être considérée comme le Web 3.0. Avec l’IoT, c’est une nouvelle couche de donnée utilisateurs qui vient s’ajouter – à savoir des données physiologiques ou comportementales précises.

Déjà utilisée dans divers secteurs d’activités, l’IoT offre de nombreuses applications. Au travers de cet article, nous allons comprendre son impact pour toutes les parties-prenantes du secteur de l’Assurance.

La prévention plutôt que la guérison

Certains assureurs se sont déjà dotés de programmes pour analyser, contrôler et prévoir le comportement de leurs assurés. Au travers de ces programmes, les assureurs recherchent avant tout à faire de la prévention (réduire la fréquence des sinistres), de la protection (limiter l’impact des sinistres), de mieux adapter les primes ou les garanties ou encore de mieux définir les gains potentiels.

Avec l’IoT, les compagnies d’assurances veulent et peuvent améliorer la maîtrise des risques de leur portefeuille. La gestion fine de la donnée collectée pour en déduire des modèles en est la clé. C’est évidemment grâce à cette collecte que la connaissance clients va s’améliorer ! Les assureurs pourront ainsi mieux connaître le consommateur du produit d’assurance, améliorer le parcours client en termes d’offres et de prix ou encore réduire la fraude…

Afin d’illustrer des cas pratiques d’utilisation de l’IoT par les assureurs, voici quelques exemples d’application d’échange de données entre les objets et l’assureur dans différents secteurs :

La santé

L’assureur américain John Hancock Financial spécialisé dans l’assurance de personnes offre à certains de ses clients des montres et bracelets connectés. Nous sommes bien loin du simple cadeau… car l’objectif est surtout de monitorer la santé des assurés ! Ces « cadeaux » permettent à l’entreprise de superviser l’état de santé, et les pratiques quotidiennes de leurs clients (nombre d’heures de sommeil par jour, activité sportive journalière, etc.).

Or pour que cela marche, les assurés doivent être incités à communiquer leurs données personnelles… L’approche est donc proposée sous forme de jeu. L’assuré doit respecter un certain nombre d’exigences et mener une vie plus saine en adoptant de meilleures habitudes et des exercices réguliers. L’assuré va ainsi collecter des points qui vont lui permettre de bénéficier de réductions sur sa police d’assurance, ou bien de recevoir des coupons de réduction chez certaines enseignes partenaires.

L’automobile

Le monde de l’automobile a bénéficié de l’intégration d’offre connectée dans leurs services : chez Direct Assurance et d’autres acteurs majeurs comme AXA ou Allianz, une nouvelle offre d’assurance auto connectée commence également à se répandre petit à petit : le « Pay How You Drive ». Cette nouvelle approche vient ajouter une couche comportementale au traditionnel « Pay As You Drive » qui n’était basé que sur des données objectives de distance parcourue avec le véhicule.

Le concept est assez simple : l’assureur installe un boîtier connecté dans le véhicule, le tout étant couvert par le contrat d’assurance. Cet objet connecté vient analyser la conduite de l’assuré (kilométrages parcourus, distance moyenne parcourue par trajet, forces de freinage, tenue des virages, accélérations…) et permet d’ajuster les mensualités d’assurance en se basant sur des critères objectifs.

Les bâtiments

L’assurance des bâtiments est aussi concernée par l’IoT – détecteurs de fumée, caméras de surveillance, détecteurs d’intrusion ou d’inondation… L’information immédiate de la survenance d’un sinistre permet de lancer les premières opérations de l’assureur rapidement afin d’accélérer une expertise des dégâts et une indemnisation potentielle.

Le comportement de souscription

Pour convaincre les assurés, l’approche est toujours la même : doter les assurés d’objets connectés et proposer en échange une réduction sur les primes d’assurance.

A l’heure du Big Data, l’IoT pour les assureurs peut devenir une mine d’informations permettant une gestion affinée des risques et une segmentation clients optimisée. L’assureur pourra ainsi adapter sa tarification au bénéfice des « bons assurés » et aux dépens des « moins bons ».

Outre la question personnelle du partage de ses données, l’assuré qui se sait un bon risque pour l’assureur optera rapidement pour le partage alors que l’assuré se sachant mauvais risque optera pour le modèle plus traditionnel de la bonne foi dans la présentation de son risque à la souscription. En attendant que tous les assureurs optent pour l’intégration de l’IoT, ce phénomène peut accroitre les risques chez les assureurs qui ne proposent pas d’objets connectés. Les moins bons préférant ne pas être « connectés », donc exposés.

Ainsi les clients n’acceptant pas de jouer le jeu de la transparence de leurs données s’exposent à des pratiques commerciales discutables à savoir ne pas/ ne plus être assurés ou se voir imposer des tarifications plus chères.

 

La question morale

Face à toutes ces pratiques émergentes, de nombreuses questions s’imposent pour les acteurs du marché de l’assurance, qui doivent trouver le meilleur équilibre entre le besoin d’innovation et la réglementation, notamment celle sur la protection des données (RGPD).

C’est pourquoi Beijaflore Business Consulting accompagne ses clients dans leurs projets liés à l’Internet des objets. Notre approche permet d’identifier en amont les chantiers nécessaires à mener que ce soit sur le plan technique ou organisationnel, et s’adapte parfaitement à vos contraintes et aux enjeux du projet.

 

Blog CGI, article « L’Internet des Objets, levier de croissance de l’assurance connectée » |https://www.cgi.fr/fr-fr/blog/internet-des-objets/assurance-connectee | consulté le 26/11/2018